La règle du jeu





« Pourquoi les débats politiques dans les médias ils sont, pas ouf. Quand Jean-Luc Mélenchon est invité à parler au calme avec les étudiants de la Sorbonne ça donne ça :

“La France doit être le pays —comme disent les chinois, ils parlent de nous en disant— on est le pays de la loi. Si vous créez du droit là où il y en a pas vous créez de la civilisation humaine.”

Quand Eric Zemmour est invité à débattre au calme avec Michel Onfray, ça donne ça :

“Comment on empêche les guerres de religions, c'est avec tout ce que j'ai dit : la laïcité, la technique, l'individu, la rationalité, etc.”

Et alors quand on les met sur un plateau télé, ça donne ça :

“- La vous décrivez les banlieues islamisées...
- Ça s'appelle...
- Monsieur Mélenchon...
- ...l'Arabie Saoudite.
- Oui, ça s'appelle aussi les...
- Non mais c'est leur programme...
- ...banlieues islamisées.
- ...c'est ce que vous racontez !
- C'est très bien Monsieur Mélenchon.
- Ah ouais...
- Ah ça c'est très bien.
- Et bien allez-y !
- parce que ce que vous...
- Parlez !
- ...venez de décrire.
[BROUAHA]”

Pourquoi ⁉️

Tout est une affaire de règle du jeu. 🥸

Alors faisons un petit détour : prenons deux enfants à qui on veut faire partager un dessert : une tarte aux myrtilles.

- Si la règle c'est “celui qui se sert le plus vite à la plus grosse part”, il va y avoir des cris.

- Si la règle c'est “il y en a un qui coupe, et il y a l'autre qui choisit”, on aura la plus grande justice dans le découpage... et le calme.

La règle conditionne le comportement.

En politique c'est comme avec les enfants. Il y a des règles médiatiques qui poussent tout le monde à avoir des idées et à se respecter, et il y a des règles [médiatiques] qui poussent à la formule facile et à sauter à la gorge de ses adversaires.

Donc quand on se demande pourquoi le débat politique dans les médias, il est claqué au sol, on peut le reprocher aux participants, mais on peut aussi et surtout se poser la question de la règle du jeu.

Est ce qu'il y a de bien avec les règles du jeu, qu'elles soit politique, médiatique ou de partage de dessert, c'est qu'on peut les changer. »